Après avoir débuté sa carrière au CISSS de Laval, elle a rejoint le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal en juin 2024. Animée par le désir de faire évoluer sa pratique et de relever de nouveaux défis, c’est au sein de notre organisation qu’elle choisit de poursuivre son cheminement professionnel.
Après un riche parcours en tant que pharmacienne clinicienne, elle occupe aujourd’hui les fonctions de cheffe adjointe des services pharmaceutiques, opérations et technologies de l'information, ainsi que celles d’adjointe au chef responsable des services pharmaceutiques à l’Hôpital Notre-Dame.
À travers son témoignage, elle rappelle à quel point la profession contribue de manière déterminante à la qualité des soins dans notre organisation et qu’elle ne se résume pas à « compter des pilules ». Derrière chaque ordonnance, il y a une réflexion clinique, un travail d’équipe et une volonté constante d’améliorer le parcours de soins des personnes que nous accompagnons.
Comment décririez-vous votre rôle de pharmacienne au sein du réseau public?
« Notre rôle consiste d’abord à nous assurer que les traitements médicamenteux sont appropriés et administrés pour les bonnes raisons. On prescrit des médicaments, mais on en arrête aussi. Les pharmaciens et pharmaciennes ont tous et toutes la même base, mais on a la chance de développer des expertises dans différents secteurs d’activité. Pour ma part, j’ai travaillé en oncologie, en soins palliatifs, en CHSLD. C’est une pratique qui peut être très générale, mais aussi très spécialisée, et qui évolue au fil de notre parcours. »
Pourquoi avoir choisi le réseau public plutôt que la pharmacie communautaire?
« Les pharmaciens et pharmaciennes d’établissement développent davantage le volet clinique de leur pratique. En pharmacie communautaire, le niveau de détails est plus limité. En établissement, notre approche auprès des usagers et usagères est approfondie. On pousse plus loin, on analyse des situations complexes et on travaille en étroite collaboration avec des équipes multidisciplinaires. Pour moi, c’est ce qui rend le travail particulièrement intéressant. »
Diriez-vous que la profession a évolué au cours des dernières années?
« Absolument. Le service du médicament représente 30 % de notre travail. Le reste est essentiellement clinique. On est souvent présents sur les unités de soins, en contact direct avec les usagers, les usagères et les proches. On échange avec eux, on les conseille et on s’assure qu’ils comprennent bien leur médication. On fait la revue de dossiers. On participe à des rencontres avec les équipes. On travaille côte à côte avec les médecins et les autres professionnels impliqués. Ils sont les spécialistes de la maladie et du traitement, on est les spécialistes du médicament. En résumé, je dirais qu’on a réussi à faire notre place. Avant, on sentait que notre présence sur les unités était moins recherchée. Aujourd’hui, si nous étions plus nombreux, toutes les unités lèveraient la main pour nous avoir. »
Qu’est-ce qui vous motive le plus dans votre travail?
« Les échanges avec les équipes multidisciplinaires. On apprend énormément les uns des autres. C’est vraiment très enrichissant. Je dirais aussi le contact avec les usagers, les usagères et les proches. On a la chance de voir en temps réel l’impact de nos interventions sur leur traitement et leur qualité de vie. D’ailleurs, plusieurs études montrent que la présence des pharmaciens et pharmaciennes sur les unités permets de réduire la durée des séjours et de diminuer les réadmissions à l’Hôpital, car notre approche est globale. Par exemple, le cardiologue s’occupe de son volet, le gastro-entérologue du sien, et nous, on coordonne le tout. »
Qu’est-ce qui vous rend la plus fière?
« Plusieurs choses, mais je dirais la reconnaissance des paires. Quand un médecin, un infirmier ou une infirmière nous remercie en disant : “Une chance que tu étais là, j’aurais passé à côté de tel ou tel élément”, ça fait du bien à entendre. Et bien sûr, de voir quitter les usagers et usagères en se disant qu’on a aussi contribué au succès de leur traitement. Selon moi, il serait avantageux qu’un pharmacien ou une pharmacienne puisse se mettre le nez dans le dossier de chaque usager et usagère. »
Quelle est la composition des équipes de la pharmacie?
« J’aime le préciser, car il n’y a pas que les pharmaciens et pharmaciennes, et chaque rôle est essentiel. Selon les milieux et le nombre de lits, les équipes sont généralement composées de pharmaciens et pharmaciennes, d’assistants et assistantes techniques seniors en pharmacie, et de techniciens et techniciennes en pharmacie. On forme un beau trio. Dans les plus grosses installations, on retrouve aussi du personnel administratif qui joue un rôle tout aussi important. »
Où se trouvent les équipes de la pharmacie dans notre établissement?
« Nous avons des équipes dans nos deux hôpitaux, sur plusieurs unités de soins, ainsi qu’à l’IUGM et à l’IRGLM. D’autres desservent l’ensemble de nos CHSLD. Les mandats sont variés et adaptés aux besoins spécifiques de chaque clientèle. »
Qu’est-ce qui nous distingue au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal?
« Plusieurs petites choses. Par exemple, la présence de pharmaciens et pharmaciennes en toxicologie, une de nos particularités à l’Hôpital Notre-Dame. En oncologie à l’Hôpital de Verdun, nous avons transformé un traitement de chimiothérapie qui nécessitait auparavant une hospitalisation. Aujourd’hui, grâce au travail de nos pharmaciens et pharmacienne, il peut être administré sans hospitaliser la personne. Nous sommes les premiers au Québec à le faire. À l’IUGM, nos équipes innovent beaucoup et ont publié plusieurs outils maintenant utilisés partout au Québec. Je pense aussi à une de nos pharmaciennes qui présentera dans le cadre du congrès des pharmaciens au mois d’avril. »
Que diriez-vous à un pharmacien ou une pharmacienne pour le convaincre de joindre votre équipe?
« De façon plus générale, je dirais que travailler en établissement permet de se développer de plusieurs façons et ouvre de nombreuses portes à celles et ceux qui s’intéressent au volet clinique. De façon plus spécifique au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, je dirais l’avantage de pouvoir travailler au sein de plus petites équipes. Notre force, c’est la collégialité. Si j’ai besoin de joindre un médecin, je l’appelle. On se connait et on travaille ensemble dans une structure humaine et accessible. Il n’y a pas la lourdeur hiérarchique que l’on retrouve parfois ailleurs. On fait tous et toutes partie de la même équipe. On est tous et toutes au même niveau. Et bien évidemment, le territoire du Centre-Sud est super accessible et agréable. On est près de tout! »
Que recherchez-vous chez une personne intéressée à joindre l’équipe de la pharmacie?
« Des personnes curieuses et dynamiques, qui aiment le travail d’équipe et qui ont vraiment à cœur le bien-être des usagers et usagères. Je dirais aussi des personnes en mode solution qui aiment faire évoluer les choses. Ici, le statu quo, ce n’est pas notre affaire. »