L’Institut de réadaptation Gingras-Lindsay-de-Montréal

Deux visionnaires, une seule cause : celle de la réadaptation

Vous vous interrogez sur l’origine des patronymes « Gingras » et « Lindsay », qui constituent le nom de l’Institut de réadaptation Gingras-Lindsay-de-Montréal? Cette capsule vous éclairera!

Dr Gustave Gingras, fondateur de l’Institut de réadaptation de Montréal (IRM)

Le Dr Gustave Gingras a consacré sa vie aux personnes handicapées physiques. Il a été un pionner tant à l’échelle nationale qu’internationale dans le domaine de la physiatrie et de la réadaptation. En 1949, Gustave Gingras fonde l’Institut de réadaptation de Montréal, qu’il dirige jusqu’en 1977. Il met également sur pied en 1954 l’école de réadaptation de l’Université de Montréal, première école de réadaptation francophone au monde. Affiliée à l’Institut, l’école forme des spécialistes francophones en ergothérapie, en physiothérapie et en orthophonie-audiologie. L’Institut est mis à contribution lors des épidémies de poliomyélite au début des années 1950 et intervient dans le traitement des victimes de la thalidomide dans les années 1960.

Né en 1918 à Montréal, Gustave Gingras suit des études classiques au Collège Bourget de Rigaud, où il obtient son baccalauréat en 1936. Il entre ensuite à la faculté de médecine de l’Université de Montréal et obtient son doctorat en 1941. C’est d’abord sur les champs de bataille de la Seconde Guerre mondiale que le docteur Gingras soigne les grands invalides. Ces blessés qu’il a sauvés, il les retrouve à Montréal après la démobilisation et mène alors le combat de sa vie pour les amener à se réadapter et à se réintégrer dans la société. En 1945, le Dr Gingras se voit confier la responsabilité de cinquante anciens combattants paraplégiques à l’hôpital militaire de Sainte-Anne-de-Bellevue. Cette affectation provisoire marque un tournant dans la vie du médecin.

Le Dr Gingras est alors le seul spécialiste francophone de la réadaptation au Québec. Il élabore de nouvelles pratiques de soins des patients. Jusque-là, les malades paralysés étaient confinés à l’immobilité au lit et développaient des plaies graves. Le Dr Gingras établit un programme visant à amener les paraplégiques à retrouver une certaine autonomie. Il rassemble donc une équipe de physiothérapeutes, d’ergothérapeutes, de travailleurs sociaux et de psychologues. Ensemble, ils élaborent de nombreuses techniques de réadaptation innovatrices. Grâce à leur travail, la plupart des 50 anciens combattants retournent à la maison et à leur emploi. C’est le lancement de la carrière de Gustave Gingras dans les domaines de la physiatrie et de la réadaptation.

Au cours des dernières années de sa vie, Gustave Gingras souffre d’une maladie neurologique dégénérative. Malgré cela, il n’ abandonne jamais et se concentre sur les capacités qui lui restent plutôt que sur celles qu’il a perdues. Il mourra à sa résidence située au bord de la mer à l’Île-du-Prince-Édouard en 1996.

Gustave Gingras a aussi aidé les victimes de nombreux autres pays. En 1953, les Nations Unies (ONU) lui demandent de coordonner la réadaptation de près de 10 000 victimes d’accidents de travail au Vénézuela, une situation causée en grande partie par le récent essor pétrolier du pays. Il établit des programmes de formation pour le personnel local et des centres de réadaptation. Il se rend aussi dans d’autres pays sud-américains comme le Brésil, l’Argentine, le Chili, la Bolivie et la Colombie afin d’évaluer leurs besoins en matière de réadaptation et de mettre sur pied des programmes pertinents.

Charles W. Lindsay, bienfaiteur et donateur principal du Montreal Convalescent Hospital, devenu L’Hôpital de réadaptation Lindsay

Charles W. Lindsay est un personnage indissociable de l’histoire du Montreal Convalescent Home (connu plus tard sous le nom de Montreal Convalescent Hospital, puis, en 1997, de L’Hôpital de réadaptation Lindsay, en son honneur). Ce nom restera jusqu’en 2008, date de la fusion de l’établissement avec son voisin et très proche collaborateur, l’Institut de réadaptation de Montréal (IRM), pour former l’Institut de réadaptation Gingras-Lindsay-de-Montréal (IRGLM), un leader de calibre international en matière de réadaptation.

Né à Montréal en 1856, Charles W. Lindsay reçoit son éducation au Montreal High School, où il se démarque pour sa vive intelligence et ses talents athlétiques. Jeune, il songe déjà à une carrière dans le domaine des affaires. Après ses études montréalaises, il part pour les États-Unis afin d’y étudier le commerce et les techniques marchandes dans différentes écoles de Boston. C’est durant cette période, alors qu’il est âgé de 19 ans, que sa vue décline en raison d’une maladie qu’il aurait contractée. Il s’inscrit au Perkins Institute for the Blind à Boston, pour y étudier l’accord de piano, puis revient à Montréal. Or, cette cécité sera déterminante pour lui puisque le métier choisi en raison de son handicap le mènera à vouloir se dépasser.

Visionnaire, Charles W. Lindsay a été l’un des premiers Canadiens à saisir les changements majeurs qui transformeraient la Ville de Montréal en moins de 25 ans. En 1928, la compagnie C. W. Lindsay & Co., devient publique et est inscrite à la Bourse de Montréal. C’est à partir de ce moment qu’il s’investit dans des oeuvres caritatives au service des moins bien nantis. L’intérêt de Charles W. Lindsay envers le Montreal Convalescent Home remonte au début des années 1920, alors qu’une membre de sa famille y a occupé une chambre durant plusieurs années. Charles la visitait chaque semaine. Il a été si ébloui par les soins qui y étaient dispensés ainsi que par la philosophie et la vision des femmes qui administraient cet établissement depuis sa fondation en 1914, qu’il a joint les bienfaiteurs du Home en offrant 50 000 $ en vue d’un projet d’agrandissement. Charles W. Lindsay a aussi été l’ambassadeur d’une autre oeuvre importante, celle de l’Hôpital du Sacré-Coeur.

Grâce à sa générosité et à son appui inconditionnel au Montreal Convalescent Hospital, le rêve qu’il partageait avec les administratrices, (créer un hôpital qui réponde aux besoins des malades et des démunis), a pu être concrétisé : la construction du nouvel hôpital permettra d’abriter dès 1933 les activités hospitalières des fondatrices. Charles W. Lindsay mourra paisiblement dans sa demeure, à l’âge de 84 ans, en 1939. Il aura droit à des funérailles nationales.

De simple accordeur de piano – aveugle de surcroît - qu’il était, Charles W. Lindsay deviendra le président d’une firme qu’il aura fondée et dont la valeur, au début des années 1930, se chiffrait à plusieurs millions de dollars. Sa détermination le mènera plus tard vers la réussite financière grâce au succès de l’entreprise de pianos C.W. Lindsay & Co. qu’il a fondée.  Mais surtout, elle fera de lui un grand philanthrope, sensible à la misère humaine.