Former la relève


Karine Gaudreault, doctorante en sciences de la santé, spécialisation en toxicomanie

« Ma thèse en 360 mots »

Karine Gaudreault, doctorante en sciences de la santé, spécialisation en toxicomanie, Université de Sherbrooke - janvier 2014 à décembre 2020

Professeurs : Karine Bertrand, professeure titulaire à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke et Joël Tremblay, professeur agrégé, Département de psychoéducation, Université du Québec à Trois-Rivières

Titre de la thèse : Recherche sur l’implantation d’un programme d’intervention pour les proches significatifs de personnes présentant un trouble psychotique et un trouble concomitant d’utilisation
de substances


«
 Chez les personnes présentant un trouble psychotique, la moitié développera un trouble d’utilisation de substances dans sa vie. L’ajout de cette consommation rend plus chaotique son utilisation des services et son rétablissement, et multiplie les crises dans lesquelles son entourage se retrouve souvent catapulté. Travailleuse sociale auprès de cette clientèle, j’ai la chance de côtoyer des familles déployant une énergie incroyable à vouloir soutenir et aider leur proche.

Nous savons déjà que l’implication de l’entourage est un facteur de protection et qu’il a une influence positive sur son proche, tant au plan de son rétablissement qu’au plan de sa consommation. Les membres de l’entourage, lorsque les deux problématiques sont présentes, vivent des symptômes divers d’anxiété, de dépression et d’épuisement. Leur niveau d’habileté diffère, mais ils souhaitent demeurer des accompagnateurs efficaces. Ils manquent d’information, se sentent isolés et ne savent pas toujours où ni à quel moment demander de l’aide. Il en est souvent de même pour les intervenants qui se questionnent sur la manière d’aider ces familles alors qu’ils se sentent également peu outillés et habiletés à intervenir devant autant de complexité.

Mon projet doctoral, par une recherche-action, souhaite canaliser les intérêts communs des intervenants et des familles, pour adapter un groupe d’intervention pour les membres de l’entourage de personnes présentant un trouble psychotique et d’utilisation de substances.

Je travaille donc avec un comité composé de familles, d’intervenants de divers milieux et de gestionnaires pour implanter un groupe ayant comme objectifs d’améliorer le bien-être de l’entourage et d’augmenter ses habiletés à motiver son proche à diminuer sa consommation de substances et à demander de l’aide. Ce comité est un lieu d’échanges où chacun apprend sur les troubles psychotiques et d’utilisation de substance, favorise l’apprentissage des autres membres et travaille à l’implantation du groupe. Jusqu'à maintenant, le comité a reçu de la formation sur les troubles concomitants, complété la programmation et le premier groupe débutera à l’automne 2018.

Des évaluations de la démarche d’implantation et quelques résultats d’efficacité préliminaires par des questionnaires et des groupes focalisés seront analysés. Nous souhaitons que les apprentissages faits dans la démarche puissent aider d’autres milieux à connaître ce qui influence l’implantation de ce type d’intervention et les impacts potentiels du groupe développé. »

Évaluation du projet Rond-Point : une opportunité d'apprentissage

Alors que Catherine Béland, candidate au doctorat en psychoéducation, réalisait son internat de recherche, elle a été mise en contact avec l’équipe du Rond-Point, un regroupement de professionnels qui offre des services aux familles dont un des parents présente des problèmes de consommation de drogues ou d’alcool. « L’équipe voulait évaluer l’implantation du projet. Puisque j’étais à la recherche d’un sujet pour ma thèse, j’ai accepté de documenter l’implantation avec comme objectif principal de recueillir les perceptions des familles », détaille Catherine Béland.

« Le Rond-Point regroupe des services médicaux, infirmiers et psychosociaux dans un même lieu afin que les familles n’aient à se déplacer qu’à un seul endroit », précise Catherine Béland. Afin d’évaluer l’implantation du Rond-Point, Catherine Béland a consulté plusieurs documents écrits, suivi l’offre de services et mené des entrevues qualitatives auprès des intervenants et des utilisateurs sur une période d’un an et demi. L’analyse des données a permis d’émettre plusieurs recommandations.

Des ajustements nécessaires

« Les résultats montrent que certains éléments du modèle logique du projet sont à ajuster, tels que la complémentarité des services offerts et leurs liens avec les objectifs du Rond-Point », explique la doctorante. Plusieurs questions ont également été soulevées par les familles. « Les participants à l’étude disent qu’ils devraient avoir accès aux services dès qu’ils se considèrent à risque, ce qui n’est pas le cas pour l’instant.

Ils doivent présenter une consommation active ou un risque de rechute. Ils se demandent également pourquoi les services sont réservés aux familles avec enfants de 0 à 5 ans. Pourquoi n’y a-t-il pas d’accès pour les enfants scolarisés ? », questionne Catherine Béland.

La thèse de Catherine Béland en est maintenant à l’étape des corrections. Qu’a-t-elle retenu de cette expérience ? « Le Rond-Point est un projet intéressant, pertinent, qui présente un bon potentiel. J’ai beaucoup appris sur l’évaluation de programme. Toutefois, l’évaluation de l’implantation était peut-être un peu hâtive. On aurait pu prendre le temps d’évaluer si le projet était prêt pour cette démarche. »

« Je fais une différence dans la carrière des futurs professionnels
Marie-Claude Charron, psychoéducatrice au programme jeunesse du Centre de réadaptation en dépendance de Montréal, reçoit des stagiaires de maîtrise depuis cinq ans. Ces stages font partie du cheminement obligatoire pour accéder à la profession de psychoéducateur. « Je suis heureuse de partager les valeurs et les approches liées au monde de la dépendance, comme la réduction des méfaits, par exemple. J’aime défaire les préjugés qui collent à cette clientèle, afin d’amener les stagiaires à voir les choses autrement », explique Mme Charron. Elle souligne également l’impact sur le maintien de ses propres compétences : « Je dois toujours être en mesure de situer mes interventions dans un cadre théorique solide afin de les expliquer au stagiaire, puisque son développement est placé sous ma responsabilité durant 8 mois. La cosupervision de stagiaire est particulièrement stimulante grâce aux partages d’opinions professionnelles avec un collègue », se réjouit-elle.

 

Enseignement et stages

142 étudiants accueillis en 2017-2018

71 stagiaires reçus dans les équipes cliniques de la Direction des programmes santé mentale et dépendance

71 étudiants en recherche à l'Institut universitaire sur les dépendances, dont 41 au 3e cycle universitaire