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Dre Annie-Claude Privé, cochef des services médicaux du Centre de réadaptation en dépendance du CIUSSS du Saguenay–Lac-St-Jean.

Communauté de pratique médicale en dépendance : tout un réseau à portée de la main

Mise sur pied en 2016 à l’initiative de l’Institut universitaire sur les dépendances, la Communauté de pratique médicale en dépendance (CPMD) rassemble aujourd’hui plus de 150 médecins œuvrant dans ce domaine partout au Québec. Concrètement, comment les membres utilisent-ils les ressources de la communauté ? Nous avons rencontré la Dre Annie-Claude Privé, co-chef des services médicaux du Centre de réadaptation en dépendance du CIUSSS du Saguenay–Lac-St-Jean, pour en discuter.

Pratiquant depuis huit ans à Jonquière au sein d’une petite équipe de six personnes, la Dre AnnieClaude Privé se sentait parfois isolée, par exemple lorsqu’une question plus difficile ne trouvait pas réponse au sein de son équipe. Les formations annuelles ne répondaient pas tout à fait aux besoins d’information plus ponctuels. « Notre réalité géographique fait qu’on n’a pas l’occasion de fréquenter d’autres collègues de notre domaine. Mais nos patients ont le même besoin d’un médecin pour les accompagner dans leurs maladies. »

Son engagement est diversifié : elle a pris part à titre de participante ou conférencière à presque toutes les activités de la CPMD dont les deux Symposium sur la prise en charge médicale de la dépendance au Québec et les trois Rencontres annuelles des médecins de la communauté de pratique. Elle est également membre du comité scientifique de la CPMD, ce qui l’a amenée à contribuer à la rédaction d’un article paru dans un numéro spécial du Médecin du Québec et rédigé par des membres de la CPMD. De plus, elle agit comme directrice scientifique d’un petit groupe de médecins issus de la CPMD qui organise un congrès de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec sur la santé mentale et la dépendance à l’automne 2018.

Les différentes occasions créées par la CPMD ont permis à la Dre Privé de bonifier et de solidifier son réseau de contacts. « Je suis maintenant plus à l’aise de communiquer avec les autres spécialistes directement si j’ai besoin d’une information précise. Ces activités et ces échanges avec mes collègues me permettent de demeurer à jour dans mes connaissances. J’utilise également le forum de discussions, car les propos qui y sont partagés servent à toute la communauté. C’est une mine de ressources à notre portée ! », se réjouit l’omnipraticienne.

La Dre Privé imagine un bel avenir pour la CPMD : « Je souhaite que sa pérennité soit assurée. Il s’agit d’un lieu fantastique à l’avant-garde de la pratique. Cette communauté gagnerait à être connue auprès des groupes de médecine familiale et des résidents, par exemple, et pourrait accompagner et aider les nouveaux médecins. »

Pour plus d'informations

Communauté de pratique médicale en dépendance

cpmdependance.ca

Évaluation : un nouvel outil pour mieux répondre aux besoins des milieux cliniques

IGT, GAIN, DEP-ADO, DEBA, NiD-ÉP... ce ne sont que quelques-uns des acronymes d’outils d’évaluation des dépendances actuellement utilisés au Québec. À cette liste s’ajoutera bientôt l’EISD.

En effet, une équipe de recherche multi-sites menée par Joël Tremblay, chercheur à l’IUD et professeur titulaire au Département de psychoéducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières, développe actuellement « l’Évaluation intégrative spécialisée en dépendance » (EISD). L’EISD vise à remplacer entre autres le GAIN et l’IGT.

Grâce à une subvention de 780 000 $ sur trois ans, Joël Tremblay coordonne les travaux de plusieurs collègues qui mèneront à un nouvel outil intégrant différentes dimensions :

  • le repérage et la détection;
  • plusieurs dépendances (alcool, drogue, jeu, cyberdépendance);
  • plusieurs clientèles (homme, femme, adulte, adolescente);
  • et deux langues (français et anglais).

« Il s’agit d’harmoniser les outils existants pour simplifier la tâche des intervenants qui administrent ces évaluations. Nous travaillons d’ailleurs avec plusieurs milieux cliniques pour nous assurer de répondre réellement aux besoins du terrain. Pour y parvenir, nous utilisons entre autres l’approche des “poupées russes” où la plus courte évaluation est incluse dans la plus longue », résume M. Tremblay.

Voici, en rafale, quelques détails à retenir de ce projet :

  • L’outil sera informatisé. Cela facilitera la transmission de l’information au sein du continuum en dépendance d’un même CISSS/CIUSSS. Une version papier sera aussi disponible.
  • On prévoit à l’EIDS une durée de vie approximative de 15 à 25 ans. Il faut donc voir loin : la cyberdépendance, un problème qui se manifestera rapidement avec plus d’ampleur au cours des prochaines années, est abordée.
  • En lien avec sa légalisation, le cannabis sera traité comme une substance distincte des autres drogues au sein de l’évaluation spécialisée, à l’instar de l’alcool.
  • Le clinicien aura accès à une synthèse des résultats, à des pistes d’orientation et d’intervention, ainsi qu’à un outil complémentaire pour donner une rétroaction à l’usager quant à son profil.

La formation à l’utilisation de l’EISD sera assurée par l’IUD, et d’une durée approximative de deux journées et demie. Le début de l’implantation est prévu en 2021.

« Pour nourrir ma curiosité... »

 

Anne Wittevrongel est psychologue au programme jeunesse du Centre de réadaptation en dépendance de Montréal. Elle participe à la révision de la formation nationale en entretien motivationnel, activité à l’intention des formateurs qu’elle a elle-même offerte durant un an. « Donner de la formation me permet de prendre du recul et de mieux maîtriser l’aspect théorique de cette approche. Tout au long de mon parcours professionnel, j’ai entretenu un équilibre entre la pratique clinique, la théorie et la recherche. Développer ces trois aspects me permet de nourrir ma curiosité et de devenir une meilleure psychologue », conclut-elle.