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Centre intégré universitaire
de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal

Actualités

C’est la semaine des infirmiers et des infirmières : Lucie Goismier, incroyable infirmière au programme Dépendance à l’Hôpital Notre-Dame

Exercer la profession d’infirmière en milieu de réadaptation liée aux dépendances peut susciter la curiosité. Que fait une infirmière dans un tel milieu ? « C’est une clientèle qui subit beaucoup de discrimination, et c’est ce qui me donne envie de continuer! » Originaire de France, Lucie Goismier a gradué en science infirmière il y a 10 ans, à Paris. Une entente entre la France et le Québec lui a permis d’obtenir des équivalences et de faire un stage de 75 jours au CHUM, dans une unité spécialisée en greffe hépatique. C’est là qu’elle a développé un intérêt pour la clientèle qu’elle soigne maintenant au programme Dépendance. « Je retrouve les raisons pour lesquelles j’ai choisi d’étudier en science infirmière. »

« C’est d’abord et avant tout un métier d’expérience et d’expertise et pas seulement une vocation. De plus, dans son accompagnement au patient, l’infirmière doit tenir compte de l’expertise de ce dernier, afin de le conduire vers la santé. »

Depuis 2017, Lucie Goismier côtoie des personnes aux prises avec une dépendance à différentes substances psychoactives, à la clinique externe STMU (Service de médecine des toxicomanies et médecine urbaine), située au 2e étage de l’Hôpital Notre-Dame. L’ouverture de l’unité marqua ses premières armes en dépendance et en suivi de réduction des méfaits. « J’ai été rapidement mise dans le bain. Et depuis, j’ai vraiment l’impression de me réaliser. C’est le juste équilibre entre les soins en milieu hospitalier et mon intérêt pour l’intervention sociale […] Si on peut apporter une amélioration dans la vie de quelqu’un, c’est déjà une énorme victoire .»

Son rôle dans le processus de réadaptation et ses fonctions cliniques sont maintenant évidents et parfaitement intégrés à chacune des étapes de la réadaptation de la personne. Au quotidien, elle est en constante interaction avec une équipe de professionnels de la réadaptation spécialisés en dépendance et elle assure un suivi médical avec le médecin affecté au poste, dans le respect des balises de son ordre professionnel. « Le travail avec ces ergothérapeutes, psychoéducateurs et autres est mis en commun autour de la personne et l’expertise de chacun passe alors avant les titres, au bénéfice de l’usager. »

Le défi de la clientèle en situation d’itinérance

Depuis quelques semaines, Lucie Goismier a été délestée de son poste habituel pour se joindre à la toute nouvelle équipe de deux unités temporaires mis sur pied au Pavillon Ross de l’ancien hôpital Royal-Victoria, en qualité d’infirmière. On y accueille des personnes en situation d’itinérance ayant contracté le virus de la COVID-19 ou qui doivent être mis en isolement préventif, et en attente du résultat des tests.

Là aussi, l’infirmière joue un rôle majeur. « Au moment de faire la mise en place de la nouvelle unité COVID, nous étions toutes prêtes à mettre le pied à l’étrier. J’y ai retrouvé le dynamisme de mes débuts. Et je retrouve le travail de plancher. De plus, grâce à mon expérience à la clinique STMU, j’ai pu aider mes collègues qui étaient moins familiers avec cette clientèle.»

En période de la COVID-19, les actes médicaux et les soins sont primordiaux, certes, toutefois, le soutien lié au traitement des dépendances n’est pas mis en veilleuse pour autant. Les besoins et l’inconfort étant exacerbés par la situation, l’administration de médications visant à compenser les « manques » et l’accompagnement au sevrage sont encore plus exigeants. L’assistance de l’infirmière devient essentielle et vitale pour les personnes qui présentent des symptômes ou qui sont confirmées COVID-19, et qui doivent composer par exemple, avec un sevrage.

« Enfin, mes collègues disent que j’ai une grande capacité d’organisation. Moi je dirais, que mon ‘’super’’ pouvoir, c’est la patience… Mais plus sérieusement, je crois que j’ai la capacité de soulager les usagers, de soutenir la progression de leur réadaptation et le pouvoir de rallier les instances. Ça c’est mon vrai pouvoir. »