Une prise en charge interdisciplinaire essentielle
Avaler est un mécanisme complexe qui sollicite la respiration, la digestion, les muscles, la posture et même la cognition. C’est pourquoi une approche interdisciplinaire est essentielle.
Au sein de notre établissement, la clinique de dysphagie offre une évaluation complète afin de bien comprendre les impacts de la dysphagie sur les usagers, les usagères et leurs proches. À la suite de cette évaluation, un plan d’intervention personnalisé est élaboré. Des recommandations sont ensuite transmises à l’équipe ayant référé la personne, ainsi qu’au médecin traitant, responsable du suivi global. De l’enseignement est également offert pour faciliter l’intégration des recommandations au quotidien.
Au sein de cette équipe, les orthophonistes participent au processus d’évaluation des personnes.
« Notre objectif, c'est une déglutition sécuritaire, mais aussi fonctionnelle en tenant compte de la réalité et des priorités de la personne », explique Taqwa Cherrak, orthophoniste sur l’unité de réadaptation fonctionnelle intensive (URFI) et à la clinique de dysphagie de l’IUGM.
Elle rappelle qu’une approche trop restrictive peut faire autant de tort qu'une dysphagie mal évaluée : « Ça peut mener à de la frustration, de l'anxiété, une perte du plaisir de manger, et même de l'isolement. », explique-t-elle.
Pour leur part, les nutritionnistes évaluent l’état nutritionnel global, les risques de dénutrition ou de déshydratation et accompagnent la personne dans l’adaptation de son alimentation.
« Notre rôle va bien au-delà des textures. On cherche un juste équilibre entre sécurité, nutrition et plaisir », insiste Jessica-Mai.
L'ergothérapie, pour favoriser les activités de la vie quotidienne
De leur côté, les ergothérapeutes travaillent à soutenir la participation des personnes aux activités de la vie quotidienne qui sont significatives pour elles. L’alimentation fait partie intégrante de ces activités et doit être réalisée plusieurs fois par jour.
« Dans le cadre de la clinique de dysphagie, nous intervenons en interdisciplinarité afin d’évaluer les difficultés pouvant compromettre l’alimentation. L’évaluation comprend notamment une observation lors des repas, permettant de comprendre ce qui se produit en situation réelle et d’orienter des recommandations adaptées. Par exemples, la façon dont la tête est placée peut avoir un impact important sur le chemin pris par la nourriture. Le fait de manger rapidement sans prendre le temps de vider la bouche entre chaque bouchée peut augmenter les risques que la nourriture ne prenne pas la trajectoire voulue. Quelques fois, un geste aussi simple que d’éviter les distractions tel que la télévision lorsque l’on mange peut aussi avoir un impact sur l’activité de s’alimenter. », précise Mylène Dion, ergothérapeute à la clinique de dysphagie de l’IUGM.
Les médecins, infirmiers et infirmières, inhalothérapeutes, physiatres, oto-rhino-laryngologiste (ORL), gériatres, neurologues, préposés et préposées aux bénéficiaires contribuent également à cette prise en charge essentielle, notamment par leur présence constante auprès des usagers et usagères, tant à l’hôpital qu’en réadaptation, en CHSLD ou à domicile.