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Centre intégré universitaire
de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal

Actualités

Lorsque la thérapie par l’art prend tout son sens

Créer, se réaliser, se valoriser. Voilà, en substance, le leitmotiv de tous les artistes. Mais lorsque cet artiste est un usager en déficience physique résidant dans un milieu de vie substitut, s’ajoutent à cela des objectifs – et des défis – supplémentaires : s’affirmer, amener un projet à terme et, surtout, développer la prise de pouvoir afin d’intégrer la société, malgré les contraintes de la maladie. Comment y arriver? Notamment, avec une détermination hors du commun.

C’est le cas d’Erik Hacala, qui habite depuis près de 18 ans l’Îlot Esplanade, une résidence à assistance continue rattachée à la Direction DI-TSA-DP du CCSMTL. Erik, aujourd’hui âgé de 38 ans, est atteint de dystrophie musculaire, une maladie neuromusculaire évolutive, qui le limite de plus en plus dans ses mouvements. C’est en quelque sorte la maladie des muscles qui cessent de fonctionner.

Josée Morel, responsable d’unité de vie à l’Îlot Esplanade, a voulu partager avec nous la petite histoire de M. Hacala et le grand succès de ce formidable projet artistique, effectué en collaboration avec Emmanuelle Julien, stagiaire en éducation spécialisée du Cégep Marie-Victorin. Le but de ce projet était, pour M. Hacala, de réaliser des oeuvres d’art et d’en faire une exposition.

« La participation de M. Hacala m’a beaucoup impressionnée, car au départ du projet, il avait beaucoup de difficulté à se mettre en valeur et n’arrivait pas à terminer ses toiles. L’encouragement de ses pairs et du personnel l’a beaucoup aidé à aller jusqu’au bout de son projet et d’en faire une réussite. » – Emmanuella Julien, stagiaire. 

Mme Morel s’est entretenue avec la rédaction du Rendez-vous du CCSMTL de la naissance de ce projet, qui a mené à une exposition. Elle a aussi expliqué pourquoi cette démarche a été salvatrice pour M. Hacala.

Un environnement motivant, une démarche thérapeutique

L’Îlot Esplanade est une ressource avec une clientèle présentant des maladies évolutives. Les résidents, en appartements supervisés avec bail, gèrent leur vie et ont des services de préposés et d’infirmières auxiliaires 24 heures sur 24, 7 jours par semaine. L’éducatrice accompagne l’usager au quotidien et met en place dans son plan d’intervention des objectifs d’intégration sociale. Étant donné que les résidents composent avec une maladie évolutive, la qualité est au cœur des interventions. « Dans le cas de M. Hacala, ce qui est extra c’est qu’au fil des années, malgré l’évolution de la maladie, il a eu une belle prise de pouvoir sur sa vie. Ce qu’il a développé, c’est son talent artistique », indique Mme Morel. La stagiaire cherchait un projet à réaliser avec les usagers et elle a développé ce projet d’exposition. « Cela a été très positif pour Erik. Le projet, qui s’est échelonné sur un an, lui a permis de développer son estime de lui, ainsi que tout le côté artistique en lui. Cela l’a amené à faire des choix, à mener à terme un projet – c’était difficile pour lui. La démarche a même aidé Erik à s’exprimer. Dans le cadre de ce projet, nous avons vraiment été impressionnés des progrès. Erik s’extériorise davantage, communique plus et s’affirme plus avec le personnel. On a fait wow! Erik, c’est comme un papillon qui s’est développé à travers ce projet-là. Cela l’a amené à être le centre d’attraction. Il s’extériorise maintenant, plus qu’à l’habitude. Et là, on le constate, il s’implique dans la ressource. On installe des cadres au mur et c’est lui l’artiste. »

« Il y a beaucoup d’artistes à la ressource, mais Erik a fait des tableaux vraiment extraordinaires – il a fait une exposition de ses tableaux.» 

Un effet d’entraînement Erik et la stagiaire Emmanuella Julien Ce qui est formidable, aussi, c’est l’effet d’entraînement de ce projet sur les autres résidents de la ressource. Le projet a motivé d’autres usagers qui participent beaucoup à des activités. « Un autre résident, M. Gauthier, écrit des poèmes et fait des dessins avec sa bouche. Il fait des choses exceptionnelles à l’ordinateur. Il souhaiterait vendre ses recueils.»

L’expérience a été très touchante pour M. Hacala de même que pour le personnel de la ressource. « Il a fait de très beaux tableaux. Quand on le connaît et qu’on connaît ses limitations physiques (on sait qu’il ne peut pas lever beaucoup les bras, c’est très difficile et ça lui prend beaucoup de temps), c’est extra. Il s’applique tant! » .

Pour sa part, le principal intéressé affirme avoir fait un dépassement de soi, et dit être vraiment fier de lui, puisqu’il n’aurait jamais osé faire un tel projet. Cela l’a amené à développer sa créativité et à vouloir explorer d’autres moyens d’expression. Bravo!

Le saviez-vous?

  • La particularité de l’Îlot Esplanade est d’accueillir des usagers ventilo-assistés. Une clientèle comme celle de M. Hacala sera appelée éventuellement à avoir un respirateur à long terme.
  • L’Îlot Esplanade compte 13 résidents. Une clientèle qui regroupe différents états dont : paralysie cérébrale, ventilo assistés, maladies évolutives comme la dystrophie musculaire ou d’autres diagnostics dont l’évolution est inconnue, et spina bifida.
  • Les résidents de l’Îlot Esplanade peuvent compter sur un personnel d’infirmières auxiliaires et d’auxiliaires en santé et services sociaux 24 heures par jour, 7 jours par semaine. Ils requièrent aussi des services en éducation spécialisée.